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Adieu Philippine

DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2021
14:30 – SALLE HENRI LANGLOIS
Séance suivie d’une discussion avec Jacques Rozier



SAMEDI 27 NOVEMBRE 2021

15:00 – SALLE GEORGES FRANJU


Jacques Rozier

France-Italie | 1960 | 108 min | DCP | Version restaurée

Scénario :
Jacques Rozier et Michèle O’Glor
Images : René Mathelin
Montage : Jacques Rozier

Avec Jean-Claude Aimini, Daniel Descamps, Stefania Sabatini, Yvelyne Cery, Vittorio Caprioli

Premier long métrage de Jacques Rozier, présenté au Festival de Cannes en 1962 par Jean-Luc Godard et François Truffaut.

Quiconque n’aura pas vu Yvelyne Ceri danser un tcha-tcha-tcha les yeux dans la caméra” théorise Godard, “ne pourra plus se permettre de parler de cinéma sur la Croisette” 

 

Un des films fondateurs de la Nouvelle Vague, considéré comme film-culte de ce mouvement.

 


Numérisation 4K et restauration 2K réalisées au laboratoire Hiventy à partir des négatifs originaux image et son. Film restauré par la Cinémathèque française et A17 (Jacques Rozier) avec le soutien du CNC, en collaboration avec les Archives audiovisuelles de Monaco, la Cinémathèque suisse et Extérieur Nuit.


Michel, l’un des trois jeunes personnages principaux d’Adieu Philippine, travaille à la télévision. Il tire des câbles pendant les directs pour que les caméras puissent passer : suivre un fil, puis un autre, puis faire une pause ou tout envoyer paître, c’est son quotidien autant que l’énergie qui sous-tend le film entier.

Avec ses longues promenades et ses brusques ellipses, le premier long métrage de Jacques Rozier est un art réjouissant des pleins et des déliés, des sauts et des phrasés, un joyau Nouvelle Vague qui épouse l’insouciance de son trio en le creusant de notes cruelles ‒ il suffit de quelques guêpes sur une plage caillouteuse pour incarner ce que la vie a d’insupportable. Suivre une fille, Liliane, puis une autre, Juliette, métamorphose le marivaudage estival en vaste chorégraphie, et ici chacun danse, Liliane et Juliette ne se séparant jamais malgré leurs querelles et leurs jalousies, comme Michel refuse de choisir entre elles. Mais l’insouciance n’est jamais loin de la « sécheresse de cœur », tout cela épousant par ailleurs en détails l’air d’un temps duplice fait de télévision et de publicités, où l’on va de la côte Corse à la guerre d’Algérie en passant par un Club Méditerranée. 


Adieu Philippine
 évoque la drôlerie improvisée des fictions de Jean Rouch en même temps que les amertumes de Monika d’Ingmar Bergman, et préfigure quelques duos féminins de Jacques Rivette : car si Liliane et Juliette traversent un monde bien moins enchanté que celui de Céline et Julie, elles le font avec une même fidélité admirable, jusque dans l’adieu.

Cyril Béghin